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ACTUS

Déjà 130 ans que la radiologie existe

Il y a des inventions qui changent le cours de l'histoire. La pénicilline. Le vaccin. L'électricité.

La radiologie en fait partie.

Et pourtant, 130 ans après sa découverte, on oublie pourquoi cette révolution était si profonde. On oublie ce qu'elle a rendu possible.

Découvrez l'histoire cachée derrière les images qui nous sauvent chaque jour.



Le 8 Novembre 1895 :
Une curiosité qui deviendra une révolution

Wilhelm Röntgen ne cherchait pas à révolutionner la médecine ce jour-là. Le physicien allemand travaillait tranquillement dans son laboratoire de Würzburg, occupé à étudier le comportement des rayons cathodiques — ces énigmatiques projections d'électrons qui sortaient des tubes cathodiques que les savants du XIXe siècle commençaient à peine à comprendre. C'était une recherche fondamentale, minutieuse, du type que font les physiciens quand ils veulent saisir les lois de la nature plutôt que d'inventer quelque chose.

Or, en cette fin d'après-midi de novembre, Röntgen remarque quelque chose qui n'avait pas sa place : une lueur fluorescente dans un coin sombre de son laboratoire, loin de toute source de lumière visible. Cette anomalie le pousse à réfléchir. Il teste, il observe, il formule l'hypothèse qui va changer l'histoire. Les rayons qui sortaient de son tube cathodique ne s'arrêtaient pas aux parois de verre. Ils traversaient. Ils rayonnaient à travers l'espace et frappaient un écran fluorescent placé à plusieurs mètres de distance.

Röntgen venait de découvrir les rayons X, et il le savait.



Le 22 Décembre 1895 :
L'image qui effraya et éblouit

Deux semaines plus tard, Röntgen souhaite démontrer la portée de sa découverte à sa femme, Bertha. Il place sa main devant le tube, appuie sur l'interrupteur, et l'image se grave sur une plaque photographique. Quand elle voit le squelette de sa propre main apparaître sur le papier — cet os révélé en blanc cristallin, la chair devenue transparente — Bertha Röntgen prononce une phrase qui résume parfaitement l'effroi et l'émerveillement du moment : « Je viens de voir ma mort. »

Cette phrase exprime plus que de la peur. Elle résume le choc métaphysique d'une découverte qui venait de franchir une frontière que l'humanité croyait inviolable. Pour la première fois, on pouvait voir à l'intérieur du corps sans l'ouvrir, sans le blesser, sans risquer la mort du patient. C'était à la fois terrifiant — car voir sa mort est naturellement effrayant — et profondément magique.

Röntgen refusera de breveter sa découverte. Il aurait pu devenir immensément riche. Au lieu de cela, il a choisi que les rayons X profitent à toute l'humanité, sans barrière commerciale. Pour ce geste de générosité scientifique autant que pour sa découverte elle-même, il recevra le premier Prix Nobel de Physique en 1901.



130 Ans plus tard :
L'omniprésence silencieuse d'une révolution

L'héritage de Röntgen s'est déployé de manière si totale qu'on en oublie son caractère révolutionnaire. Aujourd'hui, environ 3,6 milliards d'examens d'imagerie sont réalisés chaque année dans le monde. En Suisse, ce sont plusieurs millions d'examens annuels. Dans un établissement comme CID Lausanne, ce sont des milliers de patients qui transitent par la radiologie — une circulation quotidienne de corps scrutés, d'énigmes corporelles résolues par l'image.

Les statistiques d'impact sont éloquentes : 80% des diagnostics médicaux s'appuient sur l'imagerie. Cela signifie que quand un patient se présente avec des symptômes vagues — une douleur diffuse, une fatigue sans cause apparente, un trouble du comportement — le diagnostic repose très largement sur la capacité à voir ce qui se cache sous la peau.

Prenez l'épilepsie. Avant Röntgen, les crises convulsives se diagnostiquaient par observation clinique et interrogatoire. Le médecin notait les symptômes, cherchait des indices dans l'historique du patient, mais ne voyait jamais la cause réelle. Aujourd'hui, un scanner cérébral écarte une tumeur, une malformation vasculaire, un foyer cicatriciel — chacune de ces découvertes ouvrant des chemins thérapeutiques radicalement différents.

Ou considérez la schizophrénie. Les symptômes psychiatriques ressemblent parfois à ceux d'un accident vasculaire cérébral. Une IRM résout l'ambiguïté en une dizaine de minutes. C'est psychiatrique ou c'est neurologique ? L'imagerie répond. Et cette réponse détermine tout : le traitement, le pronostic, l'orientation thérapeutique.

Même dans les cas apparemment simples — une dépression chronique qui résiste au traitement — l'imagerie révèle parfois la vraie cause. Une hypothyroïdie qui mimait les symptômes dépressifs. Une hypothyroïdie invisible sans l'imagerie, mais visible une fois qu'on sait où regarder.



Ce que le temps a obscurci

Il existe une forme d'amnésie propre aux technologies qui réussissent trop bien. Elles s'intègrent tellement au quotidien qu'on cesse de voir leur caractère révolutionnaire. L'électricité fonctionne depuis cent ans, et personne ne s'arrête pour penser au génie de Tesla. Internet a transformé l'information, et nous scrollons les flux sans nous demander comment. De même, la radiologie s'est glissée dans la routine médicale — on demande une imagerie comme on demande une prise de sang.

Ce qui s'est perdu, c'est le pourquoi originel. Röntgen se demandait : comment voir à l'intérieur du corps sans le blesser ? C'était une question radicale en 1895. Aujourd'hui, c'est une évidence. On ne se pose même plus la question.

Mais cette amnésie a une conséquence insidieuse : l'imagerie est devenue un outil qu'on utilise mal. On demande des scanners « juste pour vérifier ». On surtrait des patients parce qu'on a découvert une anomalie asymptomatique qui n'avait jamais eu besoin d'être vue. On crée de l'anxiété en cascade — le patient voit le rapport d'imagerie, s'inquiète, consulte un spécialiste qui s'inquiète aussi, et voilà qu'une découverte anodine devient un parcours médicalisé sans fin.

Progressivement, l'imagerie a cessé d'être un moyen et est devenue une fin en soi. Faire de l'imagerie. Tout le temps. Pour tout. Parce qu'on peut.



Le chemin de la technologie : De la plaque photographique à l'intelligence artificielle

Les trois décennies qui ont suivi la découverte de Röntgen ont vu des raffinements progressifs de la radiographie classique — amélioration des plaques, réduction des temps d'exposition, meilleure protection contre les radiations. Mais le véritable bond en avant s'est opéré dans les années 1960, quand les physiciens ont commencé à utiliser l'informatique pour reconstruire des images en trois dimensions à partir de multiples projections bidimensionnelles. Le scanner (tomodensitométrie) était né, et avec lui l'accès à une précision diagnostique qu'on n'aurait jamais crue possible. Là où la radiographie classique voyait une ombre confuse, le scanner révélait une géométrie.

Les années 1970 ont apporté l'imagerie par résonance magnétique — une technologie radicalement différente, qui n'utilisait pas de radiations mais un champ magnétique puissant et des ondes radio pour créer des images d'une clarté stupéfiante. L'IRM s'avéra particulièrement précieuse pour explorer le cerveau, la moelle épinière et les tissus mous. Elle offrait aux médecins une fenêtre sur l'invisible avec une tendresse que le scanner ne pouvait pas égaler.

Ces trois décennies constituent elles-mêmes une révolution technologique. Mais la révolution suivante a été plus subtile, plus algorithmique. À partir des années 2010, les algorithmes d'apprentissage profond ont commencé à analyser les images médicales non pas pour remplacer les radiologues, mais pour les augmenter. Un réseau de neurones entraîné sur des millions d'images pouvait détecter des nodules cancéreux avant que l'œil humain ne les remarque. Il pouvait signaler une anomalie cachée au milieu du bruit visuel d'une image complexe.

Aujourd'hui, en 2025, nous voyons converger ces trois traditions — la radiographie classique, l'imagerie avancée et l'intelligence artificielle. Une IRM avec algorithmes intégrés peut accomplir en quinze minutes ce qui prenait une heure il y a seulement quelques années, avec une clarté douze fois supérieure. Un scanner ultra-basse dose réduit les radiations de 80% tout en préservant la qualité diagnostique. Une biopsie guidée par imagerie en temps réel permet aux chirurgiens une précision micro-métrique. Un calcul mathématique appelé FFR (réserve de flux fractionnaire) permet aux cardiologues de déterminer si une artère rétrécie a réellement besoin d'une intervention.



L'invariant :
Ce qui persiste sous le progrès

Malgré 130 ans de transformation technologique exponentielle, malgré les algorithmes de pointe et la capacité à voir avec une clarté qu'aurait semblé magique à Röntgen lui-même, une chose fondamentale demeure intacte.

L'intention originelle. Le pourquoi.

Röntgen tenait une radiographie de la main de sa femme et disait quelque chose qui était à la fois scientifique et profondément humain : on peut voir à l'intérieur du vivant sans le blesser. Cette affirmation contenait une promesse éthique, une rupture avec la médecine de ses prédécesseurs, qui devait ouvrir le corps pour en explorer les mystères.

Aujourd'hui, un radiologue qui examine une IRM cérébrale haute résolution dit la même chose avec plus de détails, plus de certitude, mais fondamentalement la même chose : on peut voir avec une clarté inédite, sans risquer votre vie, sans vous blesser. La promesse n'a pas changé. Les moyens se sont sophistiqués.

Et c'est cette continuité — cette ligne ininterrompue qui relie Röntgen à chaque médecin qui demande aujourd'hui une imagerie — qui constitue le véritable héritage. Pas la technologie en elle-même. L'engagement de voir plutôt que de supposer. De diagnostiquer plutôt que de deviner.



L'Héritage qui s'étiole

Pour vraiment saisir ce que Röntgen a changé, il faut remonter mentalement aux temps antérieurs à 1895. Imaginez la condition du patient qui se plaignait d'une douleur thoracique en 1894. Le médecin écoutait son cœur avec un stéthoscope. Il percutait la cage thoracique avec ses doigts. Il posait des questions. Puis il devait choisir entre donner un diagnostic probable ou soumettre le patient à une intervention exploratoire — une autopsie médicale dont les risques égalaient presque ceux de laisser la maladie progresser.

Ou considérez le cas d'une femme présentant une bosse au sein. Comment un médecin du XIXe siècle pouvait-il déterminer si c'était un kyste bénin ou une tumeur maligne ? Pas d'imagerie. Il palpait. Il devinait. Il proposait peut-être une intervention exploratoire — une biopsie à l'aveugle qui présentait ses propres risques d'infection, d'hémorragie.

Ou encore les fractures osseuses. Le diagnostic reposait entièrement sur l'examen clinique : on pressait le site de la douleur, on observait la déformation, on écoutait les bruits articulaires. Un os cassé en spirale, invisible à la surface ? Impossible à détecter sans ouvrir le patient.

Röntgen a tranché dans ce brouillard diagnostic. Il a dit : il existe une fenêtre sur l'intérieur, et elle n'exige pas de blessure.

Aujourd'hui, cette victoire semble banale. Mais elle était révolutionnaire.



Pourquoi cela importe encore

L'histoire de Röntgen n'est pas qu'une curiosité historique. Elle résonne avec les questions que nous posons aujourd'hui sur l'imagerie médicale, sur le surdiagnostic, sur l'équilibre entre voir davantage et savoir ce qu'il faut voir.

Quand vous passez une imagerie à CID Lausanne, vous participez à une continuité qui remonte à 1895. Vous bénéficiez d'une découverte qui a émergé de la curiosité d'un homme assis dans un laboratoire allemand. Vous profitez du choix d'un savant de ne pas breveter son invention, de la laisser libre d'usage pour toute l'humanité.

Mais plus important encore, vous participez à une éthique : celle de voir pour comprendre, plutôt que de supposer et d'agir à l'aveugle. C'est une éthique qui demande un jugement constant — quand voir ? comment voir ? que faire avec ce qu'on voit ? — plutôt qu'une application mécanique de protocoles.



L'Avenir :
Les questions persistantes

Prédire l'avenir de la radiologie relève du même exercice hasardeux que prédire celui de toute technologie. Pourtant, certaines trajectoires semblent probables.

L'intelligence artificielle continuera à s'intégrer aux outils diagnostiques, non pas en remplaçant les radiologues mais en augmentant leurs capacités — détectant ce qui échappe à l'observation humaine, proposant des analyses statistiques sur des populations, formulant des hypothèses diagnostiques. Mais le jugement clinique, la capacité à contextualiser une découverte dans la vie singulière d'un patient — cela restera irrémédiablement humain.

Les doses de radiation continueront à diminuer. Les machines d'aujourd'hui qui captent l'imagerie avec une fraction des radiations que demandaient leurs prédécesseurs seront remplacées par des appareils encore plus efficaces. On aura le diagnostic sans le coût biologique.

La vitesse s'améliorera. Un examen qui demande quarante-cinq minutes sera réduit à une dizaine. Mais la vitesse n'est pas le but en soi — c'est l'accessibilité, la réduction des délais, la possibilité pour davantage de patients d'accéder à un diagnostic clair.

Et l'accessibilité elle-même deviendra une question de plus en plus pressante. Que signifie que la radiologie soit le meilleur outil de diagnostic si elle n'est accessible que dans les pays riches ? Les développements futurs doivent se poser cette question avec honnêteté.

Mais au cœur de tout ça, l'objectif restera le même. Voir. Comprendre. Guérir.



Le message de CID Lausanne :
Perpétuer l'héritage

À CID Lausanne, nous ne sommes pas juste des radiologues qui font des imageries. Nous perpétuons l'héritage de Röntgen.

Technologie de pointe + Expertise humaine = Meilleure santé pour vous.

On utilise les meilleures machines. On emploie les meilleurs radiologues. On pense à chaque patient individuellement. On ne faisons pas une imagerie "juste parce que". On la faisons parce qu'elle a un but. Parce qu'elle va changer votre traitement. Parce qu'elle va vous donner une réponse.

C'est ça, l'héritage.



Merci Röntgen

Wilhelm Röntgen est mort en 1923. Il n'a pas vu la révolution qu'il avait créée. Il n'a pas vu le Scanner. Il n'a pas vu l'IRM. Il n'a pas vu l'IA analyser des images en millisecondes.

Mais il a vu quelque chose de plus important. Il a vu une main squelettique sur une feuille de papier. Et il a compris que ça changerait le monde.

130 ans plus tard, nous continuons son travail. Avec ses idées. Avec sa technologie. Avec son vision.

Merci Röntgen. On continue.